2015 – Ouganda

Projet Nyaka pour les orphelins du VIH-SIDA : École secondaire et professionnelle 

Partenaire : La Fondation Stephen Lewis

Nyaka Voc Sec SchoolHistorique

La Fondation Stephen Lewis travaille depuis dix années en Ouganda en partenariat avec la fondation Nyaka. Cette dernière a pour projet une nouvelle école secondaire et professionnelle située dans le district rural de Kanungu. C’est un endroit où les habitants, pour la plupart des petits fermiers, peinent à subvenir à leurs besoins essentiels dans un contexte ou la pandémie de VIH-SIDA a décimé la population adulte et laissé des milliers d’enfants orphelins.

Il y a maintenant six ans que la première cohorte d’élèves a gradué des écoles primaires de Nyaka et de Kutamba, écoles que la Fondation 60 millions de filles a appuyées en 2012 et qui ont eu un franc succès. Par la suite, la fondation Nyaka a payé les frais d’inscription obligatoires pour que les enfants puissent poursuivre leurs études aux écoles publiques secondaires. À ce moment, les filles qui jusque là réussissaient bien au primaire ont dû faire face à de multiples obstacles qui ont finalement fait en sorte que leur éducation s’est terminée abruptement et de façon irrévocable. Certaines ont abandonné pour travailler ou pour un mariage précoce. Plusieurs adolescentes, vulnérables aux prédateurs sexuels, sont tombées enceintes. Facteur aggravant, les écoles secondaires publiques obligent les filles, à chaque semestre, à passer des tests de grossesse, suite à quoi on annonce publiquement les noms des filles enceintes avant de les expulser de l’école. En fait, ces écoles locales ne sont pas intéressées à investir dans l’éducation des filles.

La fondation Nyaka a été choquée de constater que le secondaire détruisait ce qui avait été accompli au primaire. Elle a donc décidé de créer des écoles secondaires qui garderaient les filles à l’école et mettraient la priorité sur leur éducation. Pour cela, elle jouit d’une situation privilégiée car son expérience dans les écoles primaire lui a donné une vaste expertise concernant les moyens de créer un environnement scolaire stimulant pour les filles. Elle se propose donc de transférer, adapter et approfondir ces connaissances dans le projet dont il est maintenant question.

En plus, de nouveaux défis se posent face à une population de filles devenues adolescentes. Pour que celles-ci puissent poursuivre leurs études secondaires, il faut donc leur fournir de l’aide et des ressources spéciales. Tel est le but du nouveau projet qui, outre la construction d’infrastructures, met l’accent sur des contenus de programmes. On veut offrir : une éducation de qualité, sans frais d’inscription; du conseil sur la santé sexuelle; nourriture et logement ainsi que, très important, des garderies, le tout dans un environnement qui encourage et fait la promotion de l’éducation. Les filles enceintes ne seront plus renvoyées de l’école comme c’était le cas dans les écoles publiques, mais seront au contraire prises en charge.

Avec un investissement de 100 000$ de la Fondation 60 millions de filles, ce projet va faire en sorte que les filles orphelines vont recevoir une éducation de niveau secondaire, ce qui est leur droit le plus strict. Il va en même temps proposer à la société environnante une approche radicalement différente de l’éducation des filles, en tenant compte des danger auxquels elles font face. Ce projet a donc un énorme potentiel pour effectuer un changement social plus large, applicable à tout l’Ouganda.

Les objectifs du projet 

Ces objectifs sont au nombre de trois :

    1. Fournir une éducation secondaire de qualité aux 109 orphelins du VIH-SIDA, pour la majorité des filles (57 en Secondaire I et 52 en Secondaire II). Le projet va apporter un soutien essentiel, holistique : équiper les salles de classe de pupitres; enseigner à partir des normes nationales; fournir trois repas par jour; assurer du conseil d’adultes ou de pairs ainsi que du mentorat; offrir des activités parascolaires.
    2. Garder les filles à l’école plus longtemps que dans les écoles secondaires publiques avoisinantes. Par dessus tout, Nyaka veut créer un environnement aidant dans lequel tous les élèves seront traités également. Des cours sur la santé sexuelle seront donnés à l’ensemble des élèves. Le logement et la nourriture seront fournis aux filles, de façon à ce qu’elles ne soient pas victimes de prédateurs lors des longues marches entre l’école et la maison. On proposera aux filles du conseil ciblé face à leurs besoins et on offrira de l’aide à celles qui seront enceintes en les encourageant à poursuivre leurs études pendant la grossesse et après l’accouchement. On prévoit enfin des ressources pédagogiques essentielles (uniformes, cahiers d’exercice, etc.), contrairement aux autres écoles publiques où les élèves doivent payer pour ce matériel, avec comme résultat que les familles vivant dans la pauvreté ne peuvent s’offrir le luxe d’envoyer leurs enfants à l’école – encore moins les filles orphelines.
    3. Construire les infrastructures de l’École secondaire et professionnelle. Cette école comportera aussi des ateliers qui lui permettront d’offrir une formation professionnelle.

Pourquoi un partenariat avec la Fondation Stephen Lewis ?

Ce projet est le quatrième que nous subventionnons en partenariat avec la Fondation Stephen Lewis (FSL). Dans le passé, l’expérience s’est avérée extrêmement positive. L’organisme met en effet l’accent sur une approche participative de la communauté. Son personnel évalue non seulement la viabilité et l’impact des projets, mais tient compte aussi des besoins et des capacités des équipes locales. En plus, la FSL propose une approche à long terme d’aide à la communauté et à son développement. L’organisme est ouvert, transparent, et constitue un partenaire important pour 60 millions de filles. Nous apprenons continuellement de sa vaste expérience et de ses nombreux partenariats. Au surplus, nous apprécions ses valeurs profondes, sa confiance inébranlable dans nos propres objectifs et sa constante approche de collaboration.

Le présent projet s’inscrit en fait dans la suite d’un premier, que nous avions subventionné dans la région en 2012, pour que la fondation Nyaka mette sur pied deux écoles primaires destinées aux orphelins du VIH-SIDA. L’approche aidante et holistique de Nyaka face à l’éducation secondaire des orphelines va faire en sorte que les filles auront accès à une éducation plus poussée dans leur communauté, qu’elles persévèreront dans leurs études avec l’aide de leur famille et qu’elles deviendront en mesure de surmonter tant la pauvreté que la discrimination systématique à laquelle elles font face. Tout cela leur offrira de plus grandes opportunités ainsi qu’une sécurité accrue dans la vie.

À court terme, cela signifie que ces orphelines vont recevoir une éducation secondaire de qualité, même si elles deviennent enceintes, et toute l’aide dont elles ont de besoin pour obtenir leur diplôme. À long terme, le succès de cette initiative va permettre un modèle sophistiqué de soins pour les adolescentes orphelines qui sera à la fois documenté et capable d’être reproduit. Cela fera en sorte que seront clairement définies les barrières à l’éducation des orphelines, et à celles des filles vulnérables en général, et que les façons de les surmonter seront documentées et reconnues. Finalement, le projet a le potentiel de développer tant de nouvelles croyances, attitudes et comportements dans la communauté que, ultimement, des supports sociétaux pour l’éducation de toutes les filles.